La France étant un des pays d'Europe dans lequel la législation est la plus répressive concernant le cannabis, elle tend à sans cesse faire évoluer les outils des forces de l'ordre afin d'en débusquer les consommateurs. Les tests salivaires (mais aussi urinaires et capillaires) sont ainsi largement utilisés. Il est donc naturel pour un amateur de cannabis de chercher à s'informer sur ces derniers, afin de savoir par exemple combien de temps le cannabis peut être détecté et agir en conséquence.

Nous essaierons ici de répondre aux questions les plus fréquentes concernant les différents tests disponibles actuellement.

Comment fonctionnent ces tests et que recherchent-ils exactement ?

Les différents tests de dépistage du cannabis fonctionnent tous sur le même principe : la recherche et la mise en évidence du THC ou de son principal métabolite, le THC-COOH.

En effet, après inhalation de cannabis environ 20% du THC pénètre dans le sang. Ceci se fait de façon très rapide, car les concentrations maximales sont obtenues seulement 10 minutes environ après le début de l'inhalation. Une fois dans le sang, le THC va se fixer sur les tissus riches en lipides et/ou en graisses, notamment au niveau du cerveau (d'où d'ailleurs les effets ressentis). Il va par la suite être rapidement métabolisé (c'est à dire transformé par l'organisme) notamment par le foie, pour devenir du THC-COOH. C'est ce composé qui se retrouve abondamment dans les urines, la sueur et le sang, alors que le THC "pur" y demeure seulement à l'état de traces quelques heures après avoir terminé un joint.

Tout ceci pour dire qu'un test de dépistage pourra rechercher non seulement le THC, mais également le THC-COOH qui pour sa part reste présent beaucoup plus longtemps dans le corps humain (environ 8 jours en moyenne, mais cette durée peut atteindre plusieurs mois en fonction de divers facteurs que nous étudierons par la suite).

Test salivaire cannabis

Combien de temps le cannabis peut-il être détecté dans l'organisme ?

Pour répondre à cette question de manière complète, nous vous invitons à lire notre article dédié au sujet. Nous n'en reprendrons ici que les points essentiels.

En ce qui concerne les tests salivaires, qui nous intéressent plus particulièrement dans cet article, la durée de détection est de 4 à 6H après le dernier joint. Dans les faits, il est possible de détecter des traces de cannabis dans la salive jusqu'à trois jours ou plus, mais l'immense majorité des tests disponibles sur le marché ne détecteront tout simplement pas des traces aussi infimes. A noter que des durées aussi longues sont exceptionnelles car ni THC, ni le THC-COOH ne circule dans la salive : il est seulement possible de détecter ce qui s'est déposé dans la bouche au moment de la consommation. Or, la cavité buccale est constamment nettoyée par l'arrivée de salive "fraiche" : ces traces sont donc éliminées relativement rapidement, et encore plus vite si le fumeur consomme des boissons ou se brosse les dents après avoir fumé. La durée de trois jours est donc totalement théorique et ne s'applique pas dans la pratique.

Les autres types de tests de dépistage ont en revanche des temps de détection plus longs, car ils vont rechercher le THC et le THC-COOH dans des milieux où il circule et est stocké à plus long terme. Ainsi, les tests sanguins pourront détecter le cannabis jusqu'à une semaine environ après avoir fumé un joint pour la dernière fois, les tests urinaires seront efficaces de 2 jours à plus de deux mois (en fonction de la fréquence de consommation et de la teneur en THC du produit consommé), et les tests capillaires jusqu'à trois mois.

Un test salivaire peut-il déterminer mon niveau de consommation?

De façon schématique, il existe deux grands types de tests de dépistages : les tests qualitatifs et les tests quantitatifs. Les premiers ne pourront donner qu'une information simple : la personne a-t-elle consommée du cannabis? En fonction de la détection ou non de THC, le résultat du test sera binaire (positif : oui, négatif : non). Les tests quantitatifs pourront eux, comme leur nom l'indique, donner plus de détails et notamment le dosage de THC ou de THC-COOH présent dans l'organisme.

Les tests salivaires sont uniquement qualitatifs, c'est à dire qu'ils permettent uniquement de répondre à la question : "cette personne a-t-elle consommé du cannabis dans les dernières 4 à 6 heures"? Ils ne permettront pas de définir la quantité consommée, ni d'établir si le sujet est un consommateur régulier ou non. En fonction du seuil de détection propre au test (en général 10 ou 15 ng/ ml de salive), le test sera seulement positif ou négatif, sans précision supplémentaire. 

La bonne nouvelle est que ces tests sont maintenant disponibles en vente libre : si vous prévoyez de conduire 4 ou 6 heures après avoir fumé un joint et que vous avez un doute sur le fait que vous puissiez être positif en cas de contrôle, vous pouvez ainsi en réaliser un vous-même. Si le test est positif, il le sera aussi pour les forces de l'ordre... Ces tests étant peu encombrants et relativement abordables (10€ environ), il peut donc être pratique d'en conserver un ou deux dans la boite à gants.

Qui peut m'obliger à réaliser un test de dépistage salivaire ?

Tout d'abord, les forces de l'ordre. Lors d'un contrôle routier, elles peuvent vous soumettre à un test salivaire rapide afin de vérifier si vous avez consommé du cannabis dans les 4 à 6 heures précédentes. Le test en lui-même comporte une languette que la personne contrôlée doit placer dans sa bouche afin de saliver dessus quelques secondes. Il faut ensuite patienter environ 10 minutes avant que le résultat n'apparaisse. Si le résultat est positif, vous devrez dans certains cas (notamment si vous êtes à l'origine d'un accident) vous soumettre à un autre test, quantitatif cette fois (et donc souvent urinaire) afin de déterminer la quantité de stupéfiants consommée.

Un employeur peut également vous soumettre à un dépistage, dans certaines conditions seulement. Tout d'abord, il faut que le poste occupé permette de justifier un tel test (postes de sécurité ou donnant la responsabilité de plusieurs personnes, métiers dangereux...). Si tel est le cas, il pourra exiger un dépistage à l'embauche, et même plusieurs fois dans l'année. Le test doit également être prescrit par un médecin soumis au secret médical (ce dernier ne communiquera pas vos résultats, mais seulement si vous êtes "apte" ou non pour le poste) et inscrit dans le règlement intérieur de l'entreprise. Sachez enfin qu'un test positif ne peut donner lieu à aucune sanction sans avoir fait l'objet au préalable d'une contre-expertise (c'est à dire une vérification du résultat).

Aujourd'hui, la plupart des tests réalisés en entreprise sont des tests salivaires qui ne détectent pas uniquement le cannabis, mais également d'autres stupéfiants. Les tests salivaires présentent en effet plusieurs avantages : ils sont réalisés sous les yeux de quelqu'un et sont donc très difficiles à falsifier, sont faciles et rapides à mettre en œuvre, et ils détectent une consommation récente permettant de conclure, si le test est positif, que la personne n'était pas dans son état normal et pourrait donc poser des problèmes de sécurité.

Existe-il des "trucs" pour être négatif à un test salivaire ?

Autant être clair d'entrée : il n'existe pas de technique miracle pour tricher lors d'un contrôle salivaire. Les techniques ayant évoluées, elles sont aujourd'hui beaucoup plus fiables qu'il y a quelques années et donc plus difficiles à prendre en défaut. Il y a cependant certaines choses qui peuvent être faites après avoir fumé un joint, afin d'éliminer le THC plus rapidement. Là encore, nous avions déjà traité ce sujet de façon poussée en deuxième partie de cet article

Nous vous résumons ici l'essentiel : se brosser les dents, boire beaucoup d'eau et manger gras permettent dans une certaine mesure d'accélérer l'élimination du THC dans la salive et sur les parois de la bouche. Il existe également des sprays en vente sur internet promettant une non-détection du THC lors d'un dépistage, mais attention aux attrapes-pigeons... La meilleure solution est comme souvent la plus simple : s'abstenir autant que possible de conduire même plusieurs heures après avoir fumé, et suspendre sa consommation si on est prévenu qu'un test aura lieu dans son entreprise!

Sources :

  • testdrogue.fr 
  • sciencedirect.com
  • royalqueenseeds
  • atoutsante.com